Symphonie n° 9
Ludwig Van Beethoven
Le concert
Dans le cadre du bicentenaire de la mort de Beethoven, Giampaolo Bisanti guide le Chœur et l’Orchestre au travers de la Symphonie no 9, œuvre légendaire devenue hymne européen, symbolisant l’idéal de fraternité du compositeur.
Lors de la création de cette ultime symphonie en mai 1824 à Vienne, Beethoven donne le tempo depuis une chaise. La direction d’orchestre est confiée à Michael Umlauf qui demande aux artistes d’ignorer les gestes du compositeur, désormais totalement sourd. À la fin de l’œuvre, Beethoven reste dos au public, ignorant les ovations. C’est la contralto Caroline Unger qui le fait se retourner pour découvrir un triomphe absolu.
Cette symphonie repousse toutes les limites du genre. Monumentale par sa durée et son effectif, elle déploie une architecture audacieuse sur quatre mouvements d’une intensité dramatique sans précédent. Beethoven y pose les fondations du romantisme musical et ouvre des horizons que Mahler, Bruckner et bien d’autres exploreront après lui.
Si la Neuvième est parfois appelée « Hymne à la joie », c’est que son quatrième et dernier mouvement met en musique le poème de Schiller, l’Ode à la joie. Pour la première fois dans l’histoire de la symphonie, solistes et chœur se joignent à l’orchestre, innovation qui préfigure les grandes symphonies vocales de Mahler. Après trois mouvements purement instrumentaux d’une force inouïe, les voix humaines surgissent pour proclamer l’idéal de fraternité universelle.
Ce poème est central dans la vie de Beethoven. Il esquisse plusieurs mises en musique avant de l’intégrer à la Neuvième, vingt ans après sa première lecture. Le thème même de l’Hymne se retrouve par bribes dans des compositions antérieures, dont la Fantaisie chorale. En 1985, le Conseil de l’Europe l’adopte comme hymne officiel de l’Union européenne.